Poètes contemporains - Tanka

Sur cette page, vous allez trouver au fur et à mesure la présentation de poètes du tanka francophone contemporain, issus des publications dans notre Revue du tanka francophone.

Mise à jour au 29 janvier 2011

Opaline Allandet

Nuages violets
dans le crépuscule naissant
le soleil éteint

Se laisse envahir par l'ombre
comme un linceul déployé







Une rose morte

aux blancs pétales flétris
éphémère vie

Tête courbée sur sa tige
son parfum n'envoûte plus

Grégory Ashbow
 
 
 
Premiers jours d'avril
dans cet estuaire écossais
petit phoque noir
étais-je si pitoyable
pour que tu aies tant de larmes ?
 
        
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des ombres furtives
dans les plis pourpres des monts
lointaines étoiles
au bord du Loch mystérieux
mes lèvres trouvent les tiennes


 
 

 
 
 
 

 

 

 

 

Janick Belleau :
Longueil (Québec / Canada)

http://www.janickbelleau.ca/fr/tanka.php
Janick Belleau

Feuilles vert tendre
dans l’érable un cardinal
apparaît
ta main dans mes cheveux
chassant mes tristes pensées
 
 
Matin de printemps
des mouettes se chamaillent
sur la rue
je mange des miettes
pensant à mon poids

Sur le pavé
fruits ailés des érables
bruit du balai –
mon vieux voisin m’annonce
la fin de la vieille voisine

 

Claire Bergeron
(Québec / Canada)


Tapis de fruits rouges
parfumant le ciel d’octobre
récolte abondante
 
m’assures-tu que demain
ma table sera garnie


 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

À ma fenêtre
une autre journée se lève
cinéma maison
 
assise en première loge
je regarde les heures tomber

 

 


 
 

 
 
 
 

 

 



 
 

Le nid du fleuve
appelle les glaces des rives
cri inaudible
 
le langage des oiseaux
me questionne chaque jour

Michel Betting
(Villeneuve d'Ascq, Nord / France)

les arbres ont grandi
des maisons ont été construites
comme tout a changé !
s’en souvient-il, le soleil couchant
de mes rêves d’enfant ?








Croissant de lune
en ce matin d’hiver
combien sont-ils
à contempler ce spectacle
en même temps que moi ?


 

Claude Beucher
(Toulouse / France)


Rien qu’un petit vent
doux tapis chlorophyllien
pour nos ans lassés
amants brassés par l’oubli
d’un vieux serment imprudent.
 
 
 

 


 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des coquelicots
cœurs qui dansent autour d’un puits
tes mots en écho
j'ai l'arrière-goût en tête
de nos bouches qui se joignent.

 


 
 

 
 
 
 

 

 


 

 

Souples patineurs,
mes doigts glissent sur ton corps
et tracent des courbes.
mais ton paysage d’hiver
balaye et noie mes sillons.

 

 

Hélène Boissé
(Sherbrooke - Québec / Canada)


à propos de tout
à propos de rien
nos petits échanges
comme ils me manquent
matin midi soir

 

 

 

 

 


 


 
 

 
 
 
 

 

 

André Cayrel
(France)

dans un vieux cahier
le portrait d’une inconnue
par un anonyme
quelques traits effacés
le sourire est resté

 

 

 

 

 


 


 
 

 
 
 
 

 

 

José Chanly
(Fosses-la-Ville, Belgique)


Chaque fois qu'un groupe
d'arbres en rangs parallèles
me fait face, Klimt
m'apparaît avec ses blancs
bouleaux et ses femmes rousses




 

 

Isabel Colacios de la Fuenté

(Roissy en Brie / France)


Sur mon saphora
un gros matou blanc tigré
joue à cache-cache
moi penchée sur mon balcon
j’admire le spectacle




Tropiques amers
une saga française
sur l’esclave
La Martinique lourde
du joug de ses colons blanc 


 

Chantal Couliou
(Brest, Finistère / France)

Jour de l'an
toute la famille réunie
autour de la grand-mère.
Évanouies les querelles
dans les bulles de champagne.




Dans le jardin
un journal abandonné
aux assauts de la pluie.
Oubliées la rumeur du monde
et les mauvaises nouvelles.



Jean-Louis D'Abrigeon


Été qui tourne court -
l'absence autour du buddleia
occupe un grand vide
si le ciel déversait un peu
la ronde reprendrait


Nuits après nuits
le gel dans son coin assemble
tant de fleurs
que le soleil lui jalouse
sa blanche lumière

Diane Descoteaux

Allez donc savoir
comment l’homme arrive à voir
l’ombre d’une empreinte
par laquelle il croit pouvoir
sortir de ce labyrinthe…






Jean Dorval
(Québec / Canada)


Le matin soyeux
en éveil de ton sourire
j’ouvre les rideaux
 
ce désir qui fait écran
en prenant toute la place

lien vers un site anglophone de tanka où se trouve Jean Dorval : Atlas Poetica


 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le temps d'un regard
l'espace qui s'arrondit
mi-soleil mi-lune
 
deux enfants à la marelle
crayonnent le jour la nuit

 
 
 
 

 

 


 
 

 
 
 
 

 

 

 

 

 



 
 

Seule avec le vent
Une passante non-voyante
Elle me tend la main
 
Tourbillon de feuilles
Quelle traversée !

 

 

 

Patrick Druart
(France)


Brisures de givre
tu veux savoir si je t'aime
au creux de l'hiver
 
le ruisseau murmure-t-il
des mots d'amour à la source ?
 
 
 

 


 
 

 

 

 

 

 

 

Averse d'automne
de mille chuchotis bruit
la mas déserté
 
dans les ruines de mon cœur
pas le plus petit murmure

 

 


 
 

 
 
 
 

 

 


 

Comme elle est pâlotte
la lune d'hiver épiant
le soleil couchant !
comme il est glacial le lit
depuis que tu n'es plus là !

 

Huguette Ducharme
(Québec / Canada)


en ce jour d'hiver
mon amour ne parle plus
soins palliatifs
 
des fumeurs à la sortie
envie de les engueuler
 
          
 

 


 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


tant de printemps
passés à planter ces arbres
ampoules aux mains
 
dans l'allée des épinettes
le cimetière des chats

 

 


 
 

 
 

 

 


 
 

 

le goutte à goutte
d'une perfusion saline
au creux de son bras
 
il parle sans cesse
de ses projets futurs

André Duhaime
(Gatineau, Québec / Canada)

sans décrocher la lune
voler au-dessus des nuages
y manger même
ça fait plaisir à voir
dire qu'il pleut en bas




la bretelle aguichante
qui jadis devait pendre
sur l'humérus de cette aïeule
aucune trace de ses ailes
et pourtant

Danièle Duteil
(Île de Ré / France)


Arrière-saison
dans la vitrine du port
les mannequins nus
le soleil rase les murs
à la recherche d'une ombre
 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vent fou de novembre
deux cents lumières vacillent
au-dessus du pont
ton dernier bateau s'en fut
un froid matin de janvier

 


 
 

 
 
 
 

 

 



 
 

Elle est si petite
la maison de l’enfance !
Juste entrouvrir le portail.
 
Le jardin assoupi
se souvient-il de nos rires ?

 

 

Patrick Faucher
(France)


Lever matinal
déjà un oiseau piaille
odeur de café
disparus tous mes rêves
avec l'ombre de la nuit


 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chemin escarpé
marchant dans l'ombre des pins
un homme courbé
 
et le souvenir présent
d'un grand-père disparu

 

 

 


 
 

 
 
 
 

 

 

 

là, une poignée d'étoiles
jetée par dessus les toits
prés de l'abri bus
quelques voyageurs transis
et déjà la nuit !

 

Pierre Gabarra
(France)

bruissements de feuilles
le vent emporte à l’automne
mon cœur au  matin
mes yeux rougis de larmes
pleurent l’amour de ma vie.


 


Julien Gargani
(Paris /  France)


L’horizon s’échappe
seul l’enfant le rattrape
juste pour le jeu
 
Dans un grand éclat de rire
il fusionne avec le vrai
 
 
 

 
 


 

 

 

 

 

 

Des milliers de doigts
de béton montrent le ciel
sans dire pourquoi
 
la ville infinie s’étend
en écrasant les étoiles

 

 


 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 
 
 
Les bruits des pages
d’un livre qui se tourne
parfois dans mon dos
 
Il y a une autre vie

qui doucement me frôle
 

Martine Gonfalone-Modigliani
Barjols, Var /France)


 


 
 

 

 

 

 

 

 

 

Le genêt s’ensoleille
le rosier grimpant en fleurs
jardin en beauté
 
et l’on oublie tout soudain
du dos courbé vers la terre.
 
 

 

 

 

 


 
 

 
 
 
 
Senteur du matin
premières fleurs de l’oranger
souvenir d’enfance :
 
le bon lait chaud parfumé
de ma grand-mère chérie !

Martine Hautot
(Rouen, Seine Maritime / France)

Même la nuit
elles tombent, soupire
le ramasseur de feuilles.
 plus nombreuses et moins légères
que tes haïkus d'automne, ma mie
 
 
 
 

 


 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

 

Énergiquement
ils prônent les économies
d'énergie
énergiquement ils sautent
dans leurs grosses cylindrées

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 Printemps blessé
jour de colère -  Les cris
de Sarah et d'Agar
des deux côtés de la frontière
les mêmes enfants assassinés

 

Jean Irubetagoyena
(Pays basque / France)

Parmi les déchets
de la chambre d’une enfant
souvenir lointain
 
maintenue la tête en bas
la poupée cligne de l’œil.
 

 


 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Si jeunes ! Soldats,
vous avancez vers la mort
au son des tambours.
 
dans les branches, ces corbeaux
heureux de votre destin…


 
 

 
 
 

 

 

 

 

Solo enlevé

symphonie en ut majeur

applaudissements

 

trompettistes ébahis

la flûtiste joue du corps

 

Céline Lajoie
(Québec / Canada)



Sous le vieux chêne

des sabots-de-la-Vierge

en mousse chaussés

les deux pieds sur sa terre

il rêve de cimes lointaines

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tournesol givré

aux graines emprisonnées

soleil d'hiver

la lumière de tes yeux bleus

me fait tourner la tête

 


 
 

 
 
 
 

 

 

 

Un petit nuage

dans la lumière de tes yeux

tendre clair-obscur

qui oserait se plaindre

de la chaleur du soleil

 

Nicolas Laurance
(France)

la rivière en crue
les enfants se réjouissent
les pieds dans les flaques
les vieux pleurent leur maison
et leur souvenirs perdus

 

 

 



Déa L'Hoëst
(France)

Rideaux tissés d’or
étincelant de flammes
rouges du matin
le vieux chat noir se chauffe
aux braises d’un feu ravivé

 

 

Le soir dans le noir
des lumières de la ville
la tour clignote
ses millions d'étincelles
en ceinture de chasteté

 


Marion Lubréac
(Orange, Vaucluse / France)


 J’entends le silence
de la sève ruisselante
chanson d’écorce
fourmillement secret d’insectes
éclatement vert des feuilles

 

Les yeux dans le vague
sa peau nue devient fougère
ses seins nus se posent
comme des oiseaux, légers
sur la rondeur des nuages


Raymond Matabosch
(France)

Souffle un vent si frais
quand je vais dans la forêt
voir la même pierre.
sur les rives de l'attente,
dois-je y dormir solitaire?

 


Francine Minguez
(Montréal, Québec / Canada)

Une promenade
et pas plus loin que chez soi
le pays multiple
C’est drôle comme on voyage
et sans aller nulle part

 


Mike Montreuil
(Ontario / Canada)

 

 

 

 

 

seule avec son café
la femme sur l’autre banc
me sourit avec ses yeux
        c’est comme ça la vie
        sans les minutes nécessaires

 

 

 

 

les nuages épais
couvrent le matin -
     une lumière
     qui cache la vérité
     du lit en désordre

 
 
 

 

 


 
 

 
 
 
 

 

 



 
 

ma table de cuisine
mes lunettes mises à coté
un poème m’attend
        les désirs sortent
        pour te dire je t’aime

 

Lydia Padellec
(Région parisienne / France)

 

 

 

 Depuis une semaine
les fleurs du pommier
se sont ouvertes –
depuis une semaine
pas de nouvelles de toi


 

 

 

 


 
 

 Métro parisien
de nouveaux distributeurs
pleins de sucreries –
enroulé dans sa couverture
un SDF rêve 


 
 

 
 
 
 

 



Jean-Baptiste Pedini

Sous d'épais flocons
Le grand immeuble reste nu-
Linge suspendu.
et la lune s'engouffre
Dans le ventre des paraboles.

 




Luce Pelletier
(Saint Basille Le Grand, québec / Canada)

la cascade -
l'eau sans repos
s'éclate sur le roc
j'ai beau crier je ne sens
que mes tempes vibrer

 




Guy Pérez

Le Cœur  est ouvert
aux éléments déchaînés
éternel élan
pour se frayer un passage
l’univers entre les mains

 

Daniel Py
(France)


Sur la plage
avec sa digue de sable
contre les vagues
l'enfant m'enseigna
le présent de l'éphémère


 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La lune descend
caresser la montagne (?)
lentement je vide
mon verre
pensant à toi

 

 


 
 

 
 
 
 

 

 



 
 

 

 



Philippe Quinta

(France)

Une heure avant l'aube
dans la maison silencieuse
l'odeur du café
les chats n’ont rien entendu
dorment en rond dans le linge


 







Dans le vieux carnet

les noms à l’encre bleu ciel
n’ont plus de visage
au jeu du temps qui s’enfuit

Yann Redor
Bourgoin Jallieu (France)

 

Sur le bureau
les papiers éparpillés
la chatte y ronronne
elle a sept fois dix ans
à côté d’elle rajeunir

 

 

 

 

 


 

 


 

 



 
 

 

Rodrigo Sandoval
 
 
naissance des ombres
poussière d’étoiles sur la neige
la fin du sentier
je suis bloqué à la frontière
du pays des motoneiges
 
        
 




 

 

 

 

 

 


une mouette en pause
sur le roi Édouard septième :
tête blanche sur vert bronze
je croise son regard flegmatique
qu’à-t-il fait pour être là ?


 
 

 
 
 
 

 

 

 

 

Pierre Saussus
(France)


bien qu’immobile
mon ombre croît et décroît
soumise à l’instant
 
pas un moment de répit
seule la nuit l’efface
        
 

 


 
 
 

 

 

 

 

 

 

 

clic un parapluie
entièrement déployé
brave l’averse
 
symphonie incessante
de rires et d’éclats joyeux

 

 


 
 

 
 

 

 

 

 

 


 scratch scratch quel plaisir
traîner les pieds dans les feuilles
souvenirs d’enfance
 
le passé est déjà loin
l’avenir est dans l’instant

 

Pierre Signat
(France)


Blanc et froid
sur les pétales roses
neige de printemps.

je vibre au spectacle
mais le magnolia ?

Patrick Simon

Né en 1953 en France, il vit maintenant au Québec (Canada).

Auteur d'une quinzaine de livres (romans, poésie, essais), il dirige depuis 2007 la Revue du tanka francophone.

Un recueil de haïku et tanka fut publié en 2006 : "A deux pas de moi". Un recueil de tanka en 2008 : "Tout près de moi" et un recueil de renga co-écrit avec Martine Gonfalone-Modigliani : "Mots de l'entre-deux" (2010)

 

Hommage à Verlaine

L'océan sonore 

mais ici fleuve immobile

formidablement

 

nuit de la pleine lune 

et le même silence

œ

 

Hommage à Sei Shônagon

Teint à la cendre peintre à la vue obscurcie d'avoir autant vu

ici je n'ose peindre

de si beaux cheveux mêlés

 

œ

 

Tel un bleu glacial

le printemps s’avancera

à pas compté bas

 

sur un paravent d’antan

des souvenirs à claire voie

 

Salvatore Tempo
 
 
Chauffé aux bougies
et aux bons verres de saké
dans un coin du bar
une souris pour compagnie
je lui dévoile mes poèmes

        
 




 

 

 

 

 

 


Portée par le vent
une odeur papier brûlé
des lettres d'amour
Ne laisser aucune trace
cela en vaut-il la peine?

 
Maria Tirenescu
(Roumanie)


Le chat ronronne
dans la chaise longue de la grand-mère...
coucher du soleil...
au-dessus des montagnes de Săcel 
tombent les derniers flocons de neige
 
 
 

 
 


 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

Au point du jour,
un bouton de rose fait du bain
dans la rosée.
Embrassant sa poupée,
la petite fille le regarde

 

 


 
 

 
 
 
 

 
Seulement une noisette
sur la branche qui se balance…
La lune se lève…
Fatigués, les petits-fils
boivent du lait bouilli.


Jessica Tremblay
(Colombie britanique / Canada)

ta copine
veut me connaître
tu parles
de moi sans cesse
apparemment


 
 

 

 

 

 

 

de cette marguerite
j’arrache un pétale
toi un deuxième
toutes les étoiles du ciel
qui peut les compter?
 
 

 


 
 

 
 
 
 

 

 



 
tu me donnes
un cadeau d’adieu
en disant
c’est drôle que ce soit
toi qui partes et pas moi

 


Nanikooo TSU
(Québec / Canada)

Ferme la porte
sur la mélancolie
qui tombe
 
Je ne connais
rien d'autre...

 

 

 

 

 

Venin noir
du solitaire
l'émotion calcinée
 
L'amour est partout
rien de spécial...

 


 
 

 
 
 
 

 

 


 
 
Dans la rizière
un dragon promet
bonheur de la récolte
 
Un papillon
fait la moue...

 

Jean Vegman
 Montréal, Québec / Canada)

 

Fin d’après midi
qui bleuit le ciel
en jaunissant les nuages
m’assures-tu que demain
notre hiver sera plus sage

 

 

 

 

 

Geert Verbeke

sur l'accotement
un canotier sur la tête
l'épouvantail -
dans son ombre allongé
leur premier rendez-vous




 
Marie Verbiale
(France)


Près des nénuphars
le reflet violet des figues
penchées sur l'étang
 
 Suis-je le vent à la surface ?
la carpe koï ébahie ?


 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C'est ma lourde natte
nouée d'un ruban le soir
que l'aube dénoue
ces mots que l'on ne peut dire

s'ils m'échappaient n'y crois pas...

 

 


 
 

 
 
 
 


 

 

Matin dans la neige
mes petits pas dans les siens
Les flaques qui craquent
D'un hiver l'autre, ce froid
mon cœur, comment l'endurer ?

 

 

André Vézina
(Québec / Canada)

Promenade au parc
au bras de sa mère blanche
une enfant noire
 
À la une du journal
« Choc des civilisations »

 


 
 
 
 
Deux chaises tirées
sur la table oubliées
deux tasses vides
 
Dans l’air odeur de café
volutes de confidences

 


 
 

 
 
 
 

 


 

Au fond du jardin

ces vieux rosiers oubliés

ont trouvé la paix

 

Au jardin intérieur

je cherche mon espace

 

 

Annick Viardot
(France)


Feuilles d'érable
joli mélange de nuances
immortelles en peinture
 
un jour peut être j'irais
remplir mon cœur de couleurs
 
 
 

 


 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tournesol de mai
tournez-vous vers le soleil
souriez enfin !
 
si je regarde le soleil
Mon cœur s'ouvrira peut être

 


 
 

 
 
 
 

 

 

 



 

Chaleurs étouffantes
qui annoncent les orages
tonnent dans le lointain
 
par un jour d'hiver
tu es parti pour toujours.

 

 
Joyce Wong

les ombres descendent,
suspendues dans le silence-
et encore j’hésite,
éveillée à cette heure tardive
. . . sans mots, sans courage

 


 
         

 

 Au Japon

Machi Tawara
(Japon)
Machi Tawara

Ces poèmes ont eu l'aimable autorisation de traduction par Machi Tawara elle-même.
© Revue du tanka francophone

Notre site est d'ailleurs en lien avec le sien :

http://www.gtpweb.net/twr/index.htm

 

Machi Tawara sur You Tube


 
 
 

 


 
 

 

Traduit depuis l'anglais, par Janick Belleau :

 

Sur l’épaule de l’homme
à la trompette argentée
ombre noire du microphone

 

 

 

Te dis bonne nuit et pense,
maintenant le téléphone n’a plus besoin de sonner
aujourd’hui

 

 

Les jours où j’ai manqué les prévisions de la météo,
qu’il pleuve ou qu’il fasse beau,
je ne me fâche pas

 

 

 

 

 


 

Traduit depuis le japonais par Fumi Wada et Denis Schaeffer (Québec / Canada) :
 

1)陽のあたる壁にもたれて座りおり平行線の吾と君の

 

2)沈黙ののちの言葉を選びおる君のためらいを楽しん

でおり

 

3)「また電話しろよ」 「待ってろ」 いつもいつも命

令形で愛を言う君


 
1. Assise le dos à un mur ensoleillé, nos jambes sont parallèles.
 
2. Tes mots hésitants suivant un silence gêné sont adorables.
 
3. "Rappelle-moi !" "attends !"... ta façon d'exprimer ton amour est impérative.

 

© Revue du tanka francophone
 

 

 

Mayu
(Japon)

La Revue du tanka francophone
a reçu l'aimable autorisation de cette auteure
de publier ces textes dans notre revue.

 


Cheveux emmêlés de Yosano AkikoYosano AkikoDécouvrir le livre de Yosano Akiko, traduit par Claire Dodane - novembre 2010