Histoire du tanka francophone

Les fondateurs de cette revue :

Jehanne Grandjean et Hisayoshi Nagashima

Les présidents d'honneur de la revue :

Claude Farrère (Président honoraire de la Société des Gens de lettres, membre de l'Académie française) et Nobutsuna Sasaki (Docteur ès-lettres, membre de l'Institut des Arts et de l'Académie impériale japonaise.

L'écriture du tanka

 

La Revue du Tanka international 国際短歌 

Née en 1948,  l'école internationale du tanka va créer la "Revue du Tanka International" en 1954.

Selon le numéro 6 - 2ème année - janvier 1955 (Page 5), voici les buts de cette revue :

"A nos chers lecteurs,

Nous avons l'honneur et la joie de répondre au désir de nos chers amis de province et de l'étranger en leur présentant la Revue du Tanka International, organe de l'École Internationale du Tanka.

Cette revue trimestrielle les mettra au courant de toutes les activités de l'École.

Nous mettrons nos pages à la disposition des érudits japonais dans le but de faire mieux c connaître la Civilisation japonaise aux peuples occidentaux. De même, nous accueillerons avec joie les articles de nos chers écrivains français qui parleront, eux, de l'âme française à leurs amis japonais.

Nous échangerons ainsi nos spiritualités dans tous les domaines : Littérature, danse, musique et peinture ; et par le Tanka, base de notre École, nous consoliderons le pont fleuri que nous avons jeté dès 1948 entre toutes les nations, par la Fondation de notre mouvement, pour l'Amour et la Paix entre les hommes de bonne volonté.

Mais entre la France et le Japon, la création de cet organe facilitera les échanges intellectuels et culturels.

L'œuvre immense que nous poursuivons depuis six années s'amplifiera davantage encore ; car le Tanka constitue un instrument puissant de pénétration intellectuelle et morale ; il permettra aux deux peuples de se mieux connaître et de se renouveler l'un par l'autre.

Un de nos grands désirs est celui de donner aux peuples, le goût de la poésie ; car, au Japon, le Tanka est cultivé par toutes les classes de la société, il n'est pas seulement l'apanage des poètes de profession.

Enfin, notre vœu suprême est celui d'introduire le Tanka dans l'Enseignement et la littérature mondiale afin d'établir entre les hommes de toutes races le lien solide de l'amitié.

                                       Hisayoshi Nagashima et Jehanne Grandjean.

 

 

 

Baignée des rayons du matin
Qui marquent la naissance du printemps,
Toute la nature brille avec éclat. 春ここに生まるる朝の日をうけて山河草木みな光あり
     Sasaki Nobutsuna      佐佐木信綱

 

un poème de Sasaki Nobutsuna
Fils d'un colonel d'infanterie coloniale, Claude Farrère entre en 1894 à l'École navale. Il s'illustre durant la Première Guerre mondiale, obtenant la Croix de guerre et se trouvant promu au rang de commandeur de la Légion d'honneur. Mais il stoppe ensuite sa carrière militaire pour se consacrer à sa seconde passion, l'écriture. Ayant déjà publié avant la guerre, notamment 'Les Civilisés' pour lequel il avait alors obtenu le prix Goncourt 1905, il poursuit son oeuvre. Historien et essayiste, il est surtout connu pour ses romans exotiques, truffés de souvenirs de voyages. Il est élu à l'Académie française le 28 Mars 1935, face à Paul Claudel.  

En 2007, une nouvelle revue francophone dédiée au tanka naît : la Revue du Tanka francophone

L'écriture du tanka :

Le tanka est un poème court qui se compose habituellement de cinq vers de 5, 7, 5, 7, 7 sons, soit un tout de 31 syllabes selon la prosodie française.

Le tanka ou waka "exprime les sentiments les plus intenses avec une musicalité, une légèreté et une retenue qui confèrent à ces poèmes une beauté lumineuse... Le peuple japonais est unanime à l'admirer pour sa compassion, sa fraîcheur d'âme, ainsi que pour ses qualités de simplicité et d'élégance." (quatrième de couverture de "Sé-oto, le chant du gué" - anthologie de 53 waka de l'impératrice Michiko du Japon, traduits par Tadao Takemoto avec la collaboration d'Olivier Germain-Thomas).


Pour la composition de tanka, nous nous référons à Fujiwara no Teika (1162-1241) qui prônait la réintroduction du lyrisme dans la poésie. Selon lui, « Sens et expression seraient comme les deux ailes d’un oiseau. » De sorte qu’un des principes forts du tanka réside dans la juxtaposition de deux éléments : d’une part, la réalité du monde dans lequel nous vivons, attentifs à la Nature , à travers la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût et le toucher ; d’autre part, les sentiments que cela nous inspire.  
Maxianne Berger, poète de tanka contemporaine, précise : « Traditionnellement, le tanka est plus personnel que le haïku : outre la nature, on considère davantage le sentiment, l’état et le statut du poète, les soucis du cœur humain – l’amour, la mort, l’existence dans l’immensité de l’univers.  
Pour la partie Nature, la description est plus précise, concrète – portant sur ce que l’on peut percevoir. Pour la partie Soucis, le texte est plus abstrait, émotif, sentimental – portant sur ce que l’on ressent intérieurement. »  


De fait, écrire cinq vers de 31 syllabes ne suffit pas. La forme et le style ont leur importance, mais plus encore le sens, comme le soulignait Teika. Écrire du tanka, c’est apprendre à se servir des résonances, des allitérations; c’est donner une « couleur » au poème.  


La modernisation du tanka, nous la devons notamment à une femme, Machi Tawara ; pour elle, ce poème est lié à la vigueur de l’instant, en y insufflant une sensibilité en phase avec la modernité urbaine. Elle a dit de sa poésie : « À travers un rythme régulier, les mots commencent à s’ébattre pleins de vie, à répandre un éclat énigmatique. C’est ce moment que j’aime. » 


C’est à partir de ces principes que le Comité de sélection des poèmes de notre revue détermine ses choix.

Revue du tanka francophone numéro 1